L'anxiété est une émotion normale, vécue par toustes, en réaction à une menace perçue ou à une situation stressante, qui diminue lorsque la dite situation se termine⁶⁰. Les troubles anxieux, quant à eux, touchent environ 15 à 18 % de la population adulte, jusqu’à 20% de la population adolescente et environ 6% des enfants⁶¹. Une personne vivant avec un trouble anxieux peut être aux prises des pensées intrusives et envahissantes, au quotidien, sans nécessairement avoir de déclencheur spécifique. Les pensées intrusives se définissent comme des pensées ou des images qui se présentent spontanément, de manière incontrôlée et qui peuvent apparaître étranges, soudaines et parfois même épeurantes⁶².
En voici des exemples :
- Et si une personne proche de moi mourrait
- Et si je tombais malade
- Et si cette personne était fâchée contre moi
- Et si je plantais ce couteau dans le ventre de ma copine
- Et si je sautais d’un immeuble
- Et si j’avais des gestes sexuels déplacés
- ...
Il peut également s’agir d’images perturbantes telles que :
- Imaginer ses enfants morts
- S’imaginer vomir en public
- …
Et aussi des choses plus farfelues :
- Avoir une chanson dans la tête qui ne part pas
- Répéter un bruit dans sa tête
- ...
Il est important de savoir que les pensées intrusives sont vécues par toustes. Toutefois, la relation désagréable entretenue avec ces pensées ainsi que leur omniprésence peut créer de la souffrance⁶³. Aussi, lorsqu’elles se présentent, il est normal de vouloir les faire disparaître, puisqu’elles sont déplaisantes. Toutefois, des études ont démontré que de tenter d’éliminer ces pensées intrusives a l’effet inverse d’augmenter leur fréquence⁶⁴. Par exemple, si on vous dit de ne pas penser à un gâteau au chocolat … vous risquez d’y penser ! L’observation et l’acceptation de ces pensées, aussi inconfortables soient-elles, semblent plutôt la direction à prendre pour se libérer de la souffrance qui y est associée.
Puisque la présence attentive permet de développer la capacité à observer et à accueillir son expérience interne sans jugement, elle a été reconnue scientifiquement comme une approche soutenant les personnes vivant de l'anxiété⁶⁵. En effet, la présence attentive aide à réagir de manière moins automatique face aux situations perçues comme stressantes et freine l’escalade anxieuse⁶⁶. En apprenant à observer les pensées intrusives plutôt qu'à s'y laisser entraîner, les personnes vivant de l’anxiété développent ce qu'on appelle la décentration (prendre du recul). Cette capacité les aide à considérer leurs pensées comme des faits, plutôt que comme des menaces urgentes nécessitant une action immédiate. Par conséquent, leur sentiment d’urgence d’éviter leurs pensées ou de se rassurer diminue et leur tolérance à l'inconfort face à ces dites pensées augmente. La présence attentive n’a donc pas pour objectif d’éliminer les pensées intrusives, mais plutôt de modifier la manière dont elles sont vécues⁶⁷.
Pour soutenir les personnes vivant de l’anxiété, Présence Québec offre des méditations qui ciblent directement cette problématique. On vous invite à les consulter.
Cet article a été rédigé par Stéfanie Pichette-Leclerc en collaboration avec l'équipe de Présence Québec.